Le présentéisme : un enjeu de santé et de performance
Dans de nombreuses entreprises, on confond encore trop souvent la présence physique avec l’engagement. Pourtant, le présentéisme – le fait d’être au travail sans avoir réellement la capacité de produire – est aujourd’hui reconnu comme un fait social destructeur pour la santé des salariés et un frein à la performance collective.
Selon une étude pluriannuelle gouvernementale sur 20 000 personnes, les salariés signalent en moyenne onze jours de maladie qui ont donné lieu à huit jours d’absence au travail. Les trois jours restants, les salariés déclarent être quand même allés travailler. Ainsi, plus d’un jour de maladie sur quatre (27 %) s’est traduit par du présentéisme, une pratique qui consiste à aller travailler tout en étant malade.
Toutes les catégories socio-professionnelles sont concernées.
Tout comme le nombre total de jours de maladie et le nombre de jours d’absence au travail pour maladie, le nombre de jours de présentéisme est plus élevé pour les femmes, les personnes signalant une santé altérée, celles ayant plus de 50 ans, ainsi que les salariés exposés à de mauvaises conditions de travail.
La propension au présentéisme dépend également fortement des conditions de travail. Les salariés exposés à de mauvaises conditions de travail cumulent plus de jours de maladie mais, enregistrent également des niveaux élevés de présentéisme. L’intensité du travail est un facteur important mais finalement moindre que la qualité des rapports sociaux, managériaux ou entre collègues.
Les facteurs les plus influents sont la charge de travail importante, la culture d’entreprise anxiogène, l’addiction au travail, l’instabilité de l’emploi, les grandes responsabilités, la loyauté excessive.
Ces mesures montrent un point important : les salariés concernés s’efforcent de donner le meilleur d’eux-mêmes, y compris dans les phases où leur état de santé diminue fortement leurs performances.
Les aspects négatifs du présentéisme
Les salariés malades mais présents sont plus sujets aux erreurs, ils sont plus fatigués, stressés. La qualité baisse et la productivité aussi. En cas de maladie contagieuse, le présentéisme favorise sa diffusion dans la collectivité et l’entreprise. Et surtout pour les salariés eux-mêmes, le présentéisme augmente l’impact des maladies, les risques d’accidents du travail et peut avoir ainsi des conséquences à long termes sur la santé physique et mentale des salariés.
En France 62 % des salariés ont effectué au moins 1 jour de présentéisme (2015), contre 42 % des salariés de l’Union européenne. Chez Michelin, le présentéisme existe bel et bien mais n’est pas uniformément réparti. Face au présentéisme, n’oubliez pas de privilégier votre santé, contactez votre CSSCT qui pourra souligner les dépassements d’horaire et vous aider à impulser un changement de culture.
Au delà d'un bon climat social, les élus Cfdt encouragent l’entreprise à développer une culture du travail centrée sur la qualité et la valorisation des résultats réels plutôt que le temps de présence au travail. Cela signifie notamment repenser les pratiques managériales et responsabiliser les équipes, pour un engagement équilibré et respectueux de la santé des salariés.
Chris Boyer, élu CSE Clermont et CSE Central
