Congé naissance : une réponse à la chute de la natalité ?

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La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 crée un congé de naissance supplémentaire. La mesure est bien pensée pour soutenir les parents dès l’arrivée d’un enfant mais peut-elle réellement inverser la tendance démographique ? Elle est en effet financée grâce à un rabotage des allocations familiales...

Le nouveau congé de naissance entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Il constitue un droit inédit permettant à chaque parent de bénéficier de jusqu’à deux mois de congé supplémentaire, indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second. Ce congé, qui s’ajoute aux congés maternité, paternité et adoption, pourra être pris en une ou deux périodes et simultanément ou non par les deux  parents. L’ensemble des parents concernés par une naissance, ou une adoption,  prévue à compter du 1er janvier 2026 pourront en bénéficier. Ce congé n’est pas obligatoire et ne requiert pas de condition d’ancienneté dans l’entreprise.

L’objectif affiché est clair : offrir aux parents davantage de temps pour accueillir leur enfant et favoriser un partage plus équilibré des responsabilités familiales. Dans notre pays où la natalité chute depuis plusieurs années, cette mesure s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de « réarmement démographique ». 

Un impact sur les allocations familiales

Pour financer le nouveau congé de naissance, l’Etat projette des économies sur les allocations familiales (210 millions en 2026, 1,2 milliard en 2030). Ce n’est pas l’allocation familiale principale mais sa majoration qui est visée. En effet une prestation supplémentaire est aujourd’hui accordée aux familles dont au moins deux enfants à charge ont atteint 14 ans. À partir du 1er mars 2026, elle sera réservée aux familles, dont au moins deux enfants à charge ont atteint 18 ans et non plus 14 ans.

Au motif que  le surcoût lié à l’âge  se situerait plutôt autour de 18 ans. Ce que conteste l’Union des associations familiales (Unaf) : « Les familles observent bien un surcoût à 14 ans, à la veille du lycée; celles avec trois enfants vont perdre jusqu’à 226 € par mois ! « . 

Le nouveau congé de naissance représente une avancée sociale importante et un signal politique fort. Toutefois, pour répondre efficacement à la baisse de la natalité, il devra s’inscrire dans une stratégie plus large de soutien aux familles incluant prestations sociales, coût du logement, accès aux modes de garde, stabilité de l’emploi...

Christophe Le Roux, élu CSE Clermont et CSE Central

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