Réduction d’effectifs chez Michelin : La Cfdt sous le choc mais déterminée à défendre l’intérêt de tous les salariés

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Ce 28 mai 2026 à 9h, la direction Michelin a annoncé aux organisations syndicales et à l’ensemble des salariés sa volonté de supprimer 1 500 postes en France d'ici fin 2029 : 1 000 dans les fonctions tertiaires et 500 dans l'industrie.

Un an et demi après l’annonce de fermeture des sites de Vannes et Cholet et au regard de la situation économique touchant nos sites industriels, cette nouvelle décision ne peut que raviver nos plus fortes inquiétudes. Elle va avoir des répercussions directes sur les salariés et leurs familles. Mais aussi sur le  tissu industriel, économique et social du territoire. 

Le choix de la direction de ne pas faire de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) nous indique cependant qu’elle n’envisagerait pas, sur cet horizon de temps, de fermetures de sites. Le dispositif reposerait donc sur le volontariat : aucun salarié ne serait contraint de partir. C’est une garantie fondamentale et nous y veillerons.

Un besoin de transparence totale

Nous avions déjà connaissance de certains projets d’adaptation des effectifs dans nos usines, notamment à Cataroux. Mais d’autres projets nous sont encore inconnus. Nous exigeons de la direction une information complète, loyale et exhaustive sur l’ensemble des sites concernés et des projets industriels des leurs réflexion. Il ne peut pas y avoir de confiance sans transparence. 

Et surtout un pilotage à revoir

Trois ans seulement après la fin de la dernière RCC, ce nouveau plan soulève une interrogation légitime sur la qualité du pilotage des effectifs dans le tertiaire, et au-delà la gestion des emplois et compétences, au sein du groupe.

Comment l’entreprise a-t-elle pu recruter de plus belle pour finalement juger nécessaire une nouvelle réduction d’effectifs dans un délai aussi court ? Michelin a embauché près de 300 personnes dans le tertiaire en 2025 mais laissé sur le côté 400 personnes en recherche de poste en interne. Depuis des mois nous alertions sur l’augmentation du nombre de personne sans poste sans susciter de réelle réaction de l’entreprise. A croire que le dernière accord GEPP n’a débouché que sur des restructurations et délocalisations de postes, Des délocalisations au détriment des salariés de Clermont Ferrand, que la Cfdt ne peut accepter.

« La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent » Albert Einstein.

Lors de la dernière RCC ce sont les plus employables en externe qui ont quitté l’entreprise. Au vu de la situation en interne, l’entreprise risque de reproduire exactement la même chose. A même façon de faire, mêmes effets !

Nous voulons donc maintenant des engagements fermes

  • Une anticipation des évolutions des métiers et compétences.
  • Une formation pour que chaque salarié, quel que soit son statut, puisse se préparer, bien en avance, aux changements de demain.
  • Des actions de fond sur la charge de travail et la charge mentale des salariés qui resteront. Les risques psychosociaux sont déjà une réalité mesurable et un redoublement des efforts de l’entreprise pour les prévenir est vital.

Peser pour un avenir industriel durable

Nous ne fermons pas les yeux sur les réalités économiques. Michelin fait face à une concurrence accrue. Sa stratégie de valeur a entrainé une fonte des volumes de ventes. La pérennité de nos sites n'est pas acquise, elle se construit. C'est la raison pour laquelle nous sommes pleinement engagés dans le programme de transformation Michelin Industrie France. Nous ne refusons pas le changement. Mais il doit être juste, transparent et soutenable pour chaque salarié. Nous serons au rendez-vous de cette responsabilité.

Pierre PAPON  —  Délégué syndical central Michelin

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