Le travail de nuit abîme la santé : la nécessité d’une vraie prévention

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Rythmes biologiques brisés, risques accrus de cancers et pathologies cardiovasculaires : les données scientifiques confirment l’impact délétère du travail nocturne sur l’organisme. Alors que cette organisation concerne des millions de salariés, sa justification et ses contreparties doivent être profondément revues.

Le travail de nuit n’est pas un travail comme un autre, et la science le démontre de manière de plus en plus alarmante. Selon les données de la Dares, près de 4,3 millions de personnes, soit environ 16,3 % de la population active, sont concernées en France. Travailler à contre-temps biologique dérègle complètement notre horloge biologique interne et le avec le développement de pathologies lourdes est désormais indéniable. Les femmes payent un tribut particulièrement lourd : une vaste étude internationale coordonnée par l’Inserm révèle que le risque de développer un cancer du sein augmente de 26 % chez les femmes non ménopausées effectuant des horaires de nuit (définis par au moins 3 heures de travail entre minuit et 5 heures du matin).

Les rapports de l’Anses confirment aussi une multitude d’autres effets délétères avérés ou probables sur l’organisme :

  • Des troubles du sommeil sévères et des syndromes de fatigue chronique.
  • Une hausse majeure des pathologies cardiovasculaires et coronariennes.
  • Des perturbations métaboliques favorisant la prise de poids, le diabète et l’obésité.

Pour la Cfdt, face à ce constat sanitaire sans appel, la protection des travailleuses et des travailleurs doit l’emporter sur les seules logiques de flexibilité ou de rentabilité économique. Il est urgent d’imposer une limitation stricte des horaires nocturnes aux seuls services essentiels à la collectivité, de renforcer le suivi médical et de prioriser les compensations sous forme de repos pour permettre la récupération des organismes.


Sandrine Le Guilloux, élue Clermont-Ferrand

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