Face à la désinformation climatique, l’engagement de chacun est-il vital pour nos sociétés
Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, c’est une réalité que nous vivons de plein fouet, jusque dans nos ateliers et nos bureaux. Et pourtant, un autre danger, plus insidieux, freine notre transition : la désinformation climatique. Les fausses informations et les discours d’inaction polluent nos débats. Pour protéger nos emplois de demain et notre environnement, nous devons mener ensemble le combat contre cette désinformation !
Repérer les nouveaux visages du climatoscepticisme
Aujourd’hui, rares sont ceux qui nient en bloc le réchauffement de la planète. La désinformation a évolué vers des formes plus subtiles, souvent appelées les « discours de l’inaction ». On la retrouve sous plusieurs visages :
- Le catastrophisme passif : « C’est trop tard, autant ne rien faire. »
- Le transfert de responsabilité : « Pourquoi faire des efforts alors que la Chine ou les autres pays ne font rien ? »
- Le technosolutionnisme : « Une technologie future nous sauvera, continuons comme avant. »
- L’opposition factice au pouvoir d’achat : opposer «la fin du mois à la fin du monde ». C’est un piège rhétorique majeur. En réalité, les premières victimes du changement climatique sont les travailleurs les plus modestes, qui sont en première ligne face à l’insalubrité thermique des logements, à l’explosion des coûts de l’énergie et des produits alimentaires de base, voire encore à la pénibilité des conditions de travail lors des pics de chaleur. Il n’y a qu’à voir cet été caniculaire que nous venons de subir. Ses records étouffants ont pesé lourdement sur nos organismes et nos quotidiens. Le grand piège serait de l’oublier dès que les températures vont baisser à l’automne.
Ces arguments n’ont qu’un seul but : paralyser l’action collective et retarder les changements structurels dont notre entreprise et notre société ont urgemment besoin.
Nos paroles façonnent notre avenir : l’impact du quotidien
Les discours que nous tenons, que ce soit en privé autour de la machine à café ou publiquement lors de nos réunions professionnelles, ont un impact immense. Tenir un discours rigoureux pousse notre direction à prendre ses responsabilités. L’entreprise doit s’engager concrètement dans la décarbonation, la formation des équipes et la transformation de nos métiers. Notre rôle est d’être les gardiens de cette ambition.
L’histoire avance grâce à ceux qui osent s’engager
Il est facile de se sentir impuissant face à l’immensité du défi climatique et de se dire que notre voix individuelle ne pèse rien. C’est une grave erreur. Si l’on regarde en arrière, chaque changement majeur dans l’histoire humaine est né de la volonté de quelques hommes et femmes. Les grands mouvements sociaux, les droits des travailleurs et les révolutions sociétales ont tous commencé par des discussions locales, des prises de conscience partagées à petite échelle.
L’anthropologue Margaret Mead résumait parfaitement cette réalité historique dans cette citation qui mérite d’être partagée largement :
« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit. »
Passer à l’action : quelques pistes…
Pour faire de notre entreprise un espace de transition écologique juste nous pouvons agir dès aujourd’hui :
- Vérifier les sources : Avant de partager une affirmation sur le climat, appuyons-nous sur le consensus scientifique (comme les rapports du GIEC).
- Oser le dialogue constructif : Ne laissons pas passer les arguments de l’inaction. Recadrons calmement le débat autour des solutions locales et globales.
- Interpeller la direction : Utilisons nos instances représentatives pour exiger des plans de transition transparents et ambitieux.
- S’engager via des collectifs(OnePlanet par exemple)
- Devenir formateur des fresques du climat, biodiversité…
- Partager ses idées avec vos organisations syndicales. La commission environnementva bientôt voir le jour, ce sera l’occasion d’échanger sur les sujets environnement au sein de l’entreprise et d’envisager des actions concrètes.
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La transition écologique ne se fera pas sans les travailleuses et les travailleurs. En opposant la vérité scientifique au fatalisme, nous reprenons le contrôle de notre outil de travail et de notre avenir. Engageons-nous !
Sandrine Le Guilloux, élue Clermont-Ferrand
