Flambée des carburants : agir maintenant, agir concrètement
Avec un carburant à plus de 2,2 € le litre, le trajet domicile-travail devient intenable pour une majorité de salariés. Si de nombreuses entreprises déploient des mesures d'urgence (primes, télétravail), la solidarité se fait attendre chez Michelin. Déjà éprouvés par deux ans de gel des salaires, les salariés subissent une double peine. L'heure est venue pour la direction d'agir.
Partout en France, la réalité des chiffres s’impose brutalement. Sous l’effet des tensions internationales récentes, le prix des carburants s’est installé dans une spirale particulièrement agressive pour le budget des ménages. Pour les millions de salariés contraints de prendre leur véhicule individuel, le trajet quotidien vers le lieu de travail ne relève plus de la simple routine, mais d’un arbitrage financier douloureux.
Un impact direct et lourd sur le portefeuille des salariés
Pour un salarié contraint d’effectuer 30 à 40 kilomètres par jour, cette envolée des prix représente un surcoût mensuel qui se chiffre en dizaines, voire en centaines d’euros. Face au risque de démobilisation des équipes ou de précarisation des plus modestes, le monde économique s’organise à travers des leviers à la fois financiers et organisationnels.
Les entreprises s'organisent en urgence
Pour répondre à la crise, de nombreux employeurs activent les dispositifs d’urgence assouplis par l’État en versant une prime carburant sans charges ni impôts. En parallèle, les entreprises allègent les frais de transport des salariés en accordant des jours de télétravail supplémentaires par semaine ou en finançant complètement le covoiturage.
Cette crise des carburants ne frappe pas les salariés du géant du pneumatique de manière isolée. Elle vient s’ajouter à un contexte social interne particulièrement tenu sur les sites industriels et tertiaires du groupe Michelin. Les équipes sortent en effet de deux années blanches consécutives sans augmentation générale de salaire, une stagnation particulièrement douloureuse face à l’inflation globale.
Appel à la direction de Michelin
Nous demandons des mesures financières et organisationnelles :
- Prime carburant d’urgence : Verser jusqu’à 1 000 € par an et par salarié non cadre Groupe, un bonus en cash sur la fiche de paie 100 % exonéré de charges et d’impôts. Exemples : Stellantis, Renault, TotalEnergie…
- Transports en commun : Prendre en charge l’abonnement public à 100 %. Exemples : Monoprix, MAIF…
- Covoiturage : Financer le reste à charge des trajets sur l’application interne pour que le voyage ne coûte plus rien au passager. Exemples : Thalès, Carrefour…
- Mobilité douce : participer financièrement à l’achat de vélos et VAE. Exemple Michelin Allemagne !
- Télétravail : Accorder temporairement 1 à 2 jours supplémentaires de télétravail par semaine pour les postes éligibles afin de supprimer mathématiquement des trajets. Exemple : Fonction publique
Alors que le coût de la vie professionnelle quotidienne explose, la direction de Michelin France ne peut plus s'abriter derrière le silence ou des mesures de façade. En tant que pilier industriel majeur mondialement rentable, le groupe a le devoir moral d'amortir rapidement ce choc pour ses propres salariés tout en les aidant aussi à s’adapter à un futur plus durable.
Pierre Papon, Délégué Syndical Central
