Face au gel des salaires et aux RPS, la Cfdt prône l’intelligence managériale plutôt que la pression

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Lors de la réunion des managers clermontois le 3 septembre, le service du personnel propose de pondérer les principes d’ICARE et de bienveillance en insistant sur une nécessaire « exigence de résultats ». Pourtant, le contexte est marqué par des suppressions de postes, un gel des salaires et une demande d’engagement sans faille. Face à cela, la Cfdt invite plutôt les managers à veiller à la santé de leurs collaborateurs et à équilibrer les exigences de l’entreprise avec le facteur humain.

Le contexte de l’entreprise intègre déjà l’exigence de résultats, puisqu’une part importante des rémunérations dépend d’objectifs. La direction a éloigné les salariés des critères de déclenchement des primes. L’entreprise y a gagné beaucoup de simplification au niveau de la détermination des objectifs qui était chronophage tout le mois de mars. Cependant l’entreprise y a perdu aussi un bras de levier puissant pour motiver l’atteinte des objectifs individuels. Il est souvent difficile de gagner sur tous les tableaux.

Avec des augmentations nulles en 2026, proches de zéro en 2025, et un plan de 1 500 départs volontaires, on imagine que les augmentations des prochaines années ne seront pas conçues pour dissuader les salariés de partir. Restent les primes et actions gratuites distribuées opaquement à seulement 10 ou 15 % des effectifs chaque année. Pourtant, l’entreprise ne tourne pas grâce à 15 % du personnel.

Ne pouvant plus motiver par la rémunération, l’entreprise mise donc plutôt sur « l’exigence managériale bienveillante ». La question ici se pose de savoir dans quelle entreprise vit-on ? Une entreprise de personnes peu motivées dont il serait possible d’exiger plus sous une augmentation de la pression ? Il faut se mettre d’accord sur le constat. Chaque année, les gérants saluent l’engagement des salariés, et les bons résultats de l’entreprise en témoignent. Certes, la baisse des ventes est inquiétante, mais elle découle de choix stratégiques (hausses de prix pour préserver les marges, abandon de secteurs jugés peu rentables) et non d’un relâchement des équipes commerciales, qui subissent restructuration sur restructuration.

Vu le nombre record de services clermontois placés en veille RPS (Risques Psychosociaux) face auxquels les RH manquent d’anticipation et de solutions, donner un nouveau « tour de vis », même qualifié de bienveillant, est dangereux. Le seul risque est de multiplier les arrêts de travail et la détresse des personnes.

Pousser vers un management plus directif en période de crise est un vieux réflexe culturel français. Pourtant, toutes les études prouvent son inefficacité à long terme. La motivation donne de bien meilleurs résultats que la peur, qui braque les salariés et freine l’organisation.

La Cfdt suggère aux managers d’activer le seul levier que l’entreprise leur laisse : l’intelligence managériale. En privilégiant l’accompagnement, le développement des compétences et la priorisation des tâches, les managers actionneront le levier de la motivation plutôt que celui de la peur. C’est en préservant le facteur humain qu’ils protégeront la santé de leurs équipes, tout en s’évitant la gestion anxiogène de mauvais résultats aux baromètres internes.

Chris Boyer, élu Clermont-Ferrand

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