Inclusion et handicap : une co-construction innovante et efficiente
La commission de suivi de l’Accord en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap a eu lieu fin avril. Avec au moins 75% d’ambassadeurs ou référents handicap dans les délégations syndicales, une forme efficace de co-construction semble s’être mise en place. Un exemple à suivre ?
Comme tous les accords sociaux, l’application de l’Accord en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap est suivie annuellement par les partenaires sociaux. L’entreprise a donc présenté les indicateurs suivis aux représentants de la Cfdt et des autres organisations syndicales signataires.
Comme nous vous en avons informés (article Cfdt du 09/04/2026), les résultats de l’entreprise, notamment en ce qui concerne le taux d’emploi de salariés reconnus en qualité de travailleurs handicapés (RQTH) de l’entreprise (8.74%) est supérieur au seuil limite légal de sanction (6%), en nette progression (+1.2 points vs 2024) et largement supérieur au taux moyen (5.1%) des entreprises du CAC40. Les embauches et les stages par contre sont en berne mais vu la politique de recrutement 2025, cela n’a pas vraiment surpris la commission. Avec 8,2 M€ d’achats dans le secteur protégé (ESAT), 2025 est une année moyenne (inférieure à 2024 mais largement supérieure à 2023).
Au-delà des chiffres, les acteurs de cette commission de suivi se connaissent, se rencontrent, agissent ensemble tout au long de l’année. Au sein des délégations syndicales, et notamment à la CFDT, les représentants sont majoritairement des acteurs de terrain : référents dédiés à l’accompagnement administratif ou ambassadeurs engagés dans la sensibilisation des services. Ce réseau, animé par la Mission Handicap, favorise une action concrète et partagée tout au long de l’année.
Cette proximité transforme radicalement le dialogue social. En s’attaquant ensemble à des problématiques individuelles réelles, représentants du personnel et direction délaissent les postures théoriques. Ce rôle de médiateur, reconnu par les managers et les ressources humaines, renforce la confiance mutuelle. Les élus mesurent les efforts de maintien dans l’emploi, tandis que l’entreprise bénéficie d’une remontée de terrain efficace.
Lors de cette commission, la CFDT a toutefois porté des exigences qualitatives claires. Le syndicat réclame désormais des études précises sur le vécu des salariés : évolution de carrière, rémunération, mobilité et accès à la formation.
Si la direction s’est montrée à l’écoute sur ces points, ce climat de coopération contraste sévèrement avec d’autres dossiers plus opaques. Sur les sujets de reconnaissance salariale ou d’éthique, le dialogue reste tendu et perçu comme une « chasse gardée » de la direction. Pourtant, les résultats obtenus sur le handicap prouvent qu’une gestion ouverte et partagée est non seulement possible, mais plus efficiente. Pour la CFDT, cette méthode doit maintenant servir de modèle.
Chris Boyer, élu CSE Clermont/Monique combe, élue CSE Clermont/Laurianne Derail, Représentante Section Syndicale Roanne/Jérôme Pondard, ambassadeur handicap
