Maîtriser l’IA : une nouvelle compétence clé à démocratiser
L’usage de l’intelligence artificielle explose dans la recherche d’emploi : plus d’un demandeur d’emploi sur deux y a déjà recours. Si ces outils facilitent la rédaction de CV, la préparation d’entretiens ou le repérage d’entreprises, ils révèlent aussi de fortes inégalités d’accès et de maîtrise selon les profils.
L’intelligence artificielle (IA) occupe désormais une place croissante dans les démarches de recherche d’emploi. Selon le baromètre publié par l’Unédic le 9 janvier 2026, son utilisation progresse rapidement : 52 % des demandeurs d’emploi y ont recours, contre 24 % des actifs déjà en poste. Cette différence montre que les personnes en transition professionnelle s’emparent plus facilement de ces outils pour optimiser leurs démarches.
L’IA intervient principalement sur des tâches qui exigent habituellement du temps, de la méthode et parfois un accompagnement extérieur. Ces usages reflètent une tendance : les outils numériques sont mieux perçus comme un soutien opérationnel pour structurer, présenter et valoriser son parcours professionnel.
Cette progression n’est pas limitée à la recherche d’emploi. L’IA est perçue comme un levier d’efficacité, voire un facteur d’employabilité. 72 % des actifs estiment que l’IA est utile dans leur activité professionnelle et 44 % considèrent que savoir utiliser ces outils constitue un atout pour accéder à un emploi ou évoluer dans son poste. Une compétence nouvelle émerge donc : la maîtrise de l’IA devient progressivement un critère différenciant sur le marché du travail.
Cependant, ces pratiques ne profitent pas de façon uniforme à toutes les catégories de salariés. Il existe de fortes disparités selon l’âge, le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle. Les cadres identifient beaucoup plus facilement l’intérêt de l’IA pour leurs missions, tandis que les ouvriers et les personnes peu diplômées y ont moins recours, soit par manque de maîtrise numérique, soit par méconnaissance des usages possibles. Les générations les plus jeunes adoptent plus facilement ces technologies que les seniors. Ces écarts créent une fracture numérique susceptible d’accentuer les inégalités d’accès à l’emploi.
Ces évolutions posent de vrais enjeux pour les salariés et les demandeurs d’emploi. L’IA devient un outil d’accès au marché du travail et un élément structurant de l’activité professionnelle. Sans accompagnement, certains publics risquent d’être laissés à l’écart, moins armés pour faire face à des recrutements de plus en plus digitalisés ou à des métiers qui intègrent rapidement des usages d’IA.
La CFDT demande donc un accès renforcé à la formation sur l’IA pour l’ensemble des salariés, ainsi qu’un soutien spécifique pour les publics les plus vulnérables. L’intégration de ces enjeux dans le dialogue social est essentielle pour garantir une transition technologique juste et inclusive.
Françoise Vast , élue Cfdt
