La directive européenne sur le reporting environnemental, bien que  rognée, reste fondamentale

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La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), publiée fin 2022, impose aux entreprises européennes de rendre compte de manière précise et transparente de leur impact sur l’environnement, leurs salariés, leurs partenaires et leur gouvernance. La loi européenne Omnibus, adoptée fin 2025, en a profondément modifié la portée. Quel impact pour Michelin ?

Une CSRD allégée pour l’Europe, mais inchangée pour Michelin

La loi Omnibus relève nettement les seuils : seules les entreprises dépassant 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d’affaires restent soumises. Conséquence : 80 % des entreprises sortent du dispositif, mais Michelin, largement au‑dessus de ces seuils, reste pleinement assujetti. La loi prévoit également quelques simplifications mais ces allègements ne modifient pas les obligations des grands groupes industriels comme Michelin.

Pour Michelin, la CSRD reste un chantier stratégique

En ce qui concerne le volet Environnement Michelin doit continuer à produire des données sur toute la chaîne de valeur :

  • les émissions carbone scopes 1 et 2 de ses usines (énergie, process),
  • le scope 3, particulièrement structurant pour le Groupe : matières premières, logistique mondiale, usage des produits, fin de vie,
  • la progression des matériaux durables (recyclés, biosourcés),
  • les consommations d’eau et d’énergie sur les sites industriels.

Chaque usine, chaque activité logistique et chaque fournisseur reste concerné.

En ce qui concerne le volet Social, l’effort doit être mis sur la finesse des indicateurs. La CSRD impose un reporting très détaillé sur :

  • la sécurité et la prévention des accidents,
  • les compétences et la formation,
  • la qualité du dialogue social,
  • l’inclusion, la diversité et l’égalité professionnelle.

Michelin dispose déjà de bases solides, mais la directive demande une traçabilité plus fine et des données comparables d’un site à l’autre.

En ce qui concerne le volet Gouvernance, la CSRD demande transparence et responsabilité. Michelin doit démontrer comment la durabilité influence :

  • les décisions industrielles,
  • les achats,
  • la gestion des risques,
  • les objectifs et la performance de long terme.

Encore une fois la direction, les fonctions support et les sites doivent tous être impliqués dans ce pilotage.

Un reporting extra‑financier solide n’est pas qu’un exercice réglementaire : c’est un outil de transparence. Il doit permettre d’identifier clairement les impacts des choix industriels sur le travail, les compétences et les conditions de vie au sein des sites. Il offre donc l’opportunité de mieux anticiper, mieux prévenir et mieux associer les salariés et leurs représentants aux transformations du Groupe. Ce reporting fiable, sincère et exigeant est la condition indispensable pour que la transition écologique soit aussi une transition sociale juste pour tous les salariés.

Sandrine Le Guilloux, élue Cse

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