Pouvoir d’achat et mobilité : Michelin doit accompagner ses salariés face à l’envolée des prix du carburant
Le constat est amer pour beaucoup d’entre nous : remplir son réservoir pour venir travailler est devenu un poids financier difficilement soutenable. À l’heure où les prix à la pompe s’installent durablement à des niveaux élevés (dépassant souvent les 2 € le litre), la CFDT appelle la direction de Michelin à prendre des mesures concrètes pour préserver le reste à vivre des salariés.
Plus de flexibilité dans le télétravail
Le gouvernement a récemment réitéré ses recommandations sur le recours au télétravail pour limiter les déplacements et réduire la facture énergétique nationale. La façon la plus efficiente de consommer moins de carburant est d’utiliser moins sa voiture.
De façon ponctuelle, et tant que la situation ne se sera pas améliorée, nous demandons l’assouplissement des jours de télétravail pour les postes qui le permettent. Lors de la crise Covid, Michelin a su répondre efficacement : pourquoi ne pas réitérer cette agilité pour répondre à la crise actuelle ? Des entreprises comme Axa ou Orange l’ont déjà compris en offrant plus de souplesse dans la gestion des quotas de jours pour limiter les frais de route.
La Prime de Transport Exceptionnelle
Nous demandons le versement d’une Prime de Transport Exceptionnelle. Il s’agit d’un dispositif légal permettant à l’employeur de prendre en charge les frais de carburant ou d’alimentation électrique.
En 2026, ce dispositif est particulièrement attractif : il est exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu jusqu’à 300 € par an pour les véhicules thermiques et 600 € pour l’électrique. Initialement ciblée, elle peut aujourd’hui être élargie à l’ensemble du personnel. C’est un levier de pouvoir d’achat immédiat, « net de charges », déjà activé par d’autres industriels comme TotalEnergies pour soutenir leurs salariés de terrain.
Aménagement des horaires et covoiturage
Le covoiturage est une solution d’avenir, et Michelin propose déjà un outil avec l’application Karos. Toutefois, pour transformer l’essai, de la souplesse est indispensable.
Permettre un aménagement des horaires de prise de poste (notamment pour les équipes en 2×8 ou 3×8) afin de faire coïncider les trajets de collègues voisins doperait les statistiques de covoiturage. À l’image de ce qui se pratique chez Stellantis, une flexibilité de 15 à 30 minutes peut lever les derniers freins au partage de véhicule.
La CFDT recommande de combiner des aides directes pour ceux qui doivent rouler et de la flexibilité (télétravail, horaires modifiés, réflexion sur la semaine en 4 jours comme levier de réduction des trajets) pour ceux qui le peuvent. De nombreuses entreprises ont déjà lancé des initiatives fortes. Michelin, leader mondial et acteur majeur de la mobilité durable, ne doit pas être à la traîne.
Les élus Cfdt
