Pauvreté et pollution, le cumul des peines

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Les citoyens les plus fortunés auraient plus de facilité à déménager pour s’éloigner des zones dangereuses. Qu’en est-il vraiment en France, qui compte quelque 35 000 communes de tailles très différentes ?

Selon L’observatoire des inégalités (Etude France Stratégie – Données 2020 pour la pollution, 2018 pour les revenus), les communes au moindre niveau de vie sont, dans l’ensemble,  plus touchées par la pollution des sols.  C’est moins vrai pour les grandes villes mais plus de 80 % des villes moyennes parmi les plus pauvres sont exposées à ce type de pollution contre moins de 40% des villes moyennes les plus riches.  Même tendance pour les petites communes  : 44 % de la tranche des plus pauvres sont touchées mais seulement 14% de la tranche des plus aisées.

pollution villes

Les grandes villes sont plus touchées par la pollution de l'air

Les grandes villes (plus de 50 000 habitants) subissent une pollution aux particules fines liée essentiellement aux transports mais aussi aux activités industrielles passées ou présentes. Le revenu des habitants joue nettement moins que la densité en routes et en usines. Dans certaines zones rurales comme la Bretagne, ce sont des villes aux revenus intermédiaires qui  souffrent plutôt de présence d’ammoniac dans l’air, due à l’élevage intensif et à la forte utilisation d’engrais.

Cumul de pollution ?

9 grandes villes cumulent pollution des sols et différents types de polluants atmosphériques. Mais un millier de communes de plus petite taille sont aussi  fortement exposées à cinq pollutions. 500 d’entre elles  sont concentrées dans les trois départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Seine-Maritime. Des zones fortement marquées par une industrialisation dense et ancienne – mais aussi par le chômage et la pauvreté.

D’autres polluants chimiques plus rares, non mesurés, peuvent aussi avoir un effet important sur la santé des riverains. Le bruit, le fait d’habiter une zone inondable, la présence dans les logements de plomb, de composés organiques volatils ou de moisissures par exemple ne sont pas comptabilisés non plus. Enfin une même exposition qui concernerait à la fois les plus riches et les plus pauvres, ne signifierait pas que tous sont égaux face à la pollution. Les uns et les autres ne développent pas les mêmes maladies et ne sont pas soumis au même risque d’en mourir ne serait-ce qu’en raison des inégalités d’accès aux soins.

Même si dans une métropole comme Clermont-Ferrand, il est compliqué d’analyser une éventuelle corrélation entre situation sociale et pollution, cette problématique concerne chacun de nous. En tant que salariés exposés à des produits industriels parfois dangereux, en tant que consommateurs générant des déchets, en tant que citoyens appelés à choisir entre différentes politiques. De même les élus comme membres des CSSCT, gestionnaires de la Mutuelle...Pour la Cfdt, cette thématique est essentielle et doit être davantage débattue dans la sphère publique comme dans les instances avec l’entreprise.

Chris Boyer, élu CSE Clermont et CSE Central

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