Journée de l’hypersensibilité : reconnaître et protéger une richesse souvent invisible au travail
À l’occasion de la Journée de l’hypersensibilité le 13 janvier, il est essentiel de mettre en lumière que l’hypersensibilité, qui concerne de nombreux salariés, n’est ni une faiblesse ni un défaut, mais une manière différente de ressentir, d’analyser et de vivre son environnement professionnel. Pourtant, faute de reconnaissance et d’adaptation, elle peut devenir une source de souffrance au travail.
L’hypersensibilité, de quoi parle-t-on ?
L’hypersensibilité se caractérise par une réceptivité émotionnelle, relationnelle et sensorielle accrue. Les personnes hypersensibles peuvent ressentir plus intensément les émotions, les tensions, le bruit, la pression ou l’injustice. Elles sont souvent dotées de fortes capacités d’empathie, d’analyse fine, de créativité et d’engagement. En France entre 15 % et 30 % de la population serait concernée par l’hypersensibilité *.
Mais dans une organisation du travail pensée pour la performance immédiate, la compétition et la normalisation des comportements, cette sensibilité peut être mal comprise, voire stigmatisée.
Quand le travail devient un facteur de risques
Dans de nombreuses entreprises, les facteurs organisationnels peuvent avoir des impacts particulièrement lourds sur les personnes hypersensibles. C’est le cas notamment de la surcharge de travail et de l’urgence permanente, des sollicitations constantes, du bruit, des open spaces, du management agressif ou infantilisant, des conflits non traités…etc
Ces situations peuvent entraîner un épuisement émotionnel, de l’anxiété, une perte de confiance, un isolement, voire des arrêts de travail prolongés. Il ne s’agit pas de fragilités individuelles, mais bien de risques psychosociaux liés à l’organisation du travail.
Une richesse humaine trop souvent sous-estimée
Loin des clichés, les personnes hypersensibles apportent pourtant beaucoup au collectif de travail :
• Une capacité d’écoute et d’attention aux autres
• Un sens aigu de l’éthique et de la justice
• Une lecture fine des situations complexes
• Un engagement sincère dans leur travail et leurs missions.
Dans un contexte où les entreprises parlent de plus en plus de qualité de vie au travail, d’innovation et de responsabilité sociale, continuer à ignorer l’hypersensibilité est une contradiction. Parler d’hypersensibilité au travail, c’est rompre avec une logique de culpabilisation individuelle. Ce n’est pas aux salariés de « s’endurcir » ou de se taire, mais aux entreprises d’assumer leurs responsabilités en matière de santé et de conditions de travail.
La Journée de l’hypersensibilité nous rappelle une évidence : il n’existe pas un salarié “standard”. La diversité des sensibilités est une réalité humaine. La cfdt encourage vivement l’entreprise à reconnaître cette diversité et l’intégrer pleinement dans les choix organisationnels et dans les accords afin de construire des lieux de travail plus justes, plus respectueux et plus humains.
Les élus Cfdt
*sources
