Management à la Française, une voix de progrès

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Les rapports IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) brosse un portrait peu flatteur du management à la française : très vertical et hiérarchique. La reconnaissance du travail, élément déterminant de la qualité du management, est-elle beaucoup plus faible que dans les autres pays de la comparaison (l’Allemagne, l’Italie, la Suède et l’Irlande), et la formation des managers très académique et peu tournée vers la coopération.  

Selon les études européennes concernant le management, la France se positionne dans le haut du tableau concernant la santé perçue par les travailleurs, la mixité et l’intensité du travail la durée effective du travail.

Elle se classe dernière s’agissant de l’environnement social (confrontation à un environnement hostile, qualité du management, respect, reconnaissance, esprit d’équipe, feed-back, soutien par les collègues et le manager) et avant dernière pour l’absentéisme, malgré une bonne présence de représentants de salariés et de comité en charge de la santé au travail.  

Pourtant, loin d’être une notion floue ou culturelle, le management de qualité repose partout sur des principes largement partagés.

Le « bon » management est partout décrit comme reposant sur un fort degré de participation des travailleurs et sur la reconnaissance du travail accompli. À cette dimension centrale de la participation et de la reconnaissance s’ajoutent d’autres caractéristiques fondamentales : l’autonomie, la clarté des rôles et la décentralisation de la décision. Ils forment un nombre relativement limité de principes communs.

Les élus du personnel intervenant dans les commissions RPS, retrouveront sans difficulté, les critères débouchant sur les situations les plus délétères de l’entreprise avec les conséquences négatives connues : maladies, absentéisme, démotivation, turn-over… dont le coût social national est prohibitif.

Le rapport préconise d’une part des mesures soutenant des pratiques managériales positives et, d’autre part, une rénovation du cadre juridique dans lequel s’inscrivent les pratiques de management. Le rapport propose une évolution du système éducatif initial ou continu pour réduire la distance hiérarchique, former à l’ingénierie du dialogue social et professionnel en favorisant l’apprentissage comme un mode de formation des managers, renforcer l’accompagnement des managers dans un contexte où ils subissent une importante pression, vers un management plus participatif, innovant et décentralisé, d’inscrire la qualité des pratiques managériales dans les objectifs. D’un point de vue juridique, les pratiques managériales pourraient être inscrites dans les thèmes des accords de la QVT, faire l’objet d’information-consultation au CSE, à titre d’exemple.

Michelin a visiblement, avec le programme ICARE, décidé de réformer son management pour une pratique plus vertueuse et plus efficace. Néanmoins dans certaines entités, une culture interne semble s’opposer à ce progrès et reprendre les dérives managériales décrits dans le rapport de l’IGAS.

Pour la Cfdt, il ne convient pas de se résoudre à cet état de fait, il faut au contraire mettre en place des outils pour que les progrès mesurés dans les entités les plus vertueuses de l’entreprise soient dupliquées. Le CSE, les CSSCT, les commissions RPS doivent être davantage écoutées sur ce sujet.  

Chris Boyer, élu Clermont-Ferrand

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