Euro 7 : Bientôt une nouvelle réglementation environnementale sur vos pneus, pourquoi c’est une bonne nouvelle ?
L’industrie automobile européenne vit un tournant historique avec l’adoption du règlement Euro 7. Pour la première fois, l’Union européenne ne se limite plus à surveiller les émissions de CO2 des pots d’échappement : elle s’attaque désormais à la pollution invisible des microplastiques issus de l’usure des pneus. Michelin se positionne en leader sur le sujet grâce à 20 ans de Recherche & Développement. Pour la CFDT, cette transition écologique majeure doit valoriser le savoir-faire des salariés européens.
Tous les pneus ne se valent pas
Chaque année en Europe, l’usure des pneumatiques génère 500 000 tonnes de microparticules dans l’environnement. Les choix de conception des pneus (matériaux, architecture, etc.) entraînent des écarts d’émission allant de 1 à 2 sur un même trajet et pour un même véhicule. Ce problème d’émission de particules issues des pneus s’accentue avec l’essor des véhicules électriques, dont le poids élevé et le couple moteur accélèrent l’usure des pneumatiques de mauvaise qualité.
Une norme qui favorise l’innovation
Avec Euro 7, les pneus trop abrasifs deviendront tout simplement interdits à la vente sur le marché européen. Le règlement s’applique dès 2028 pour les nouveaux produits et 2030 pour l’ensemble du marché. Le Groupe Michelin, fortement promoteur de ce règlement, est totalement confiant dans ses pneumatiques pour l’appliquer dès 2028. Pour la CFDT, cette réglementation valide la stratégie industrielle historique des équipes de Michelin. Les investissements R&D du Groupe ont permis de réduire les émissions d’usure de 5 % entre 2015 et 2020. L’étude de l’ADAC de juin 2025 confirme cette avance : les pneus MICHELIN émettent en moyenne 26 % de particules en moins que leurs concurrents premium.
La protection des emplois européens : une barrière par la qualité
Face à la concurrence agressive de pneus d’importation à bas coût sur la marché européen, Euro 7 pourrait agir comme un bouclier économique pour l’emploi industriel en Europe.
Évincer le low-cost non vertueux
Les pneus premiers prix importés misent tout sur le coût de production, au détriment de la recherche sur les matériaux. En imposant des limites strictes d’abrasion et des tests d’homologation ambitieux, l’Union Européenne dresse une barrière technique. Les fabricants qui se contentent de dupliquer des technologies obsolètes auront de grandes difficultés à homologuer leurs produits en Europe.
Valoriser l’ancrage local de la R&D
L’Europe possède l’écosystème de recherche et développement (R&D) le plus avancé au monde en matière de pneumatiques. Euro 7 valorise les emplois à haute valeur ajoutée car la conformité à la norme exige une forte expertise technologique.
Michelin défend fermement l’application de méthodes de tests rigoureuses et exigeantes dans le cadre d’Euro 7. L’argument est clair : seul un cadre strict permet de distinguer les « manufacturiers responsables » des autres, évitant ainsi que le marché européen ne soit inondé de pneus low-cost polluants qui détruiraient les usines locales.
Pour le consommateur, Euro 7 va transformer l’industrie du pneumatique en intégrant une nouvelle contrainte environnementale sur l’abrasion. Choisir un pneu conçu par un manufacturier responsable ne sera pas seulement un geste fort pour la biodiversité et la santé publique. Ce sera aussi un calcul économique intelligent : un pneu qui s’use moins vite dure plus longtemps, préservant à la fois le pouvoir d’achat et la planète.
Sandrine Le Guilloux, élue CSE Clermont-Ferrand
