Les 35 heures ont 25 ans : un brin d’histoire

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La disparition de Lionel Jospin est l'occasion de saluer l'initiateur de la loi à l'origine de l'accord 35h chez Michelin en 2001. L'acte de naissance du dialogue social dans une entreprise jusqu'alors complètement patriarcale, sous l'impulsion de la Cfdt.

Martine Aubry est dans l’inconscient collectif « la Dame des 35 heures » qui a conçu les deux lois de 1998 et 2000, en tant que ministre de l’Emploi et de la Solidarité.  Mais c’est bien Lionel Jospin qui a joué un rôle décisif dans la mise en place des 35 heures : il en avait fait un engagement central de sa campagne législative de 1997, puis a porté la réforme une fois au pouvoir. En dépit des résistances tant patronales que politiques, y compris de la gauche plurielle. .

La Cfdt seule contre tous

La Cfdt a été le syndicat le plus favorable et le plus engagé dans la mise en œuvre des 35 heures, contrairement à la CGT, FO et la CFE‑CGC, plus critiques ou réservés. Elle soutenait la réduction du temps de travail comme levier de création d’emplois. L’orientation réformiste de la Cfdt, particulièrement marqué dès 1988, avait déjà mené à une scission et la création de SUD. Le soutien de la Cfdt aux 35 heures, a renforcé  à l’époque la rupture idéologique avec cette organisation syndicale. 

La genèse chez Michelin

Michelin sortait  d’années de restructurations et de pressions sur la productivité. L’histoire est un éternel recommencement… L’entreprise voulait utiliser les 35 heures pour renforcer la flexibilité et adapter les horaires aux besoins de production.. Les négociations ont duré 11 mois, avec 14 réunions très tendues. Finalement, malgré la forte opposition des autres syndicats en présence  (CGT, FO, CFTC), la Cfdt  finit par signer un compromis acceptable. 

Elle obtient notamment une réduction du temps de travail pouvant aller jusqu’à 15 jours par an, le maintien du pouvoir d’achat jusqu’en 2003 et un plan d’embauches de 1 000 CDI. Le referendum qui suit en mars 2001 conforte magistralement le courage de la Cfdt  :  60 % des 27 000 salariés votent “oui” à l’accord,  avec un taux de participation exceptionnel de 95 %.. L’ultime attaque de la CGT n’y fera rien : son recours en justice est déboutée par le tribunal de Clermont-Ferrand en 2002.

L'accord 35h, première négociation collective d’ampleur dans l’histoire du groupe Michelin, a été une véritable rupture, permise par l'implication personnelle d'Edouard Michelin et l'engagement de la Cfdt. Le dialogue social est né ce jour là. Aujourd'hui, de nombreuses avancées sociales ont eu lieu et l'accord 35h, qui fait maintenant l'unanimité des organisations syndicales a pourtant vieilli. Il mériterait une refonte pour s'adapter aux attentes des salariés comme à l'environnement concurrentiel dans lequel l'entreprise évolue. La Cfdt y est prête avec réalisme, toujours en pointe !

Christophe Le Roux, élu CSE Clermont et CSE Central

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