Not all men ? peut-être… mais “yes, all women” sûrement !
La formule « #notallmen », laisserait entendre que les violences sexistes et sexuelles ne seraient le fait que d’individus isolés. Elle cache pourtant un déni de dimension sociétale : plus d’une femme sur deux en France (53%) et plus de six jeunes femmes sur dix (63%) ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans leur vie..
Hétéropessimisme des femmes, baisse de la natalité et des mariages, il semble que la famille, socle de la société, s’interroge sur son avenir.N’en déplaise aux réactionnaires, le contrat patriarcal qu’ils proposent aux femmes n’est plus tolérable :
- plus de travail : le partage des tâches est à leur détriment,
- moins d’accompagnement social et psychologique donc moins de bien-être et de plaisir
- plus de risques pour leur santé voire leur vie : une femme meurt tous les 3 jours en France sous les coups de son (ex)conjoint…
Il a pu fonctionner quand les femmesétaientartificiellement maintenues dans un état de dépendance en les excluant notamment de l’enseignement mais plus maintenant. D’où l’augmentation vertigineuse d’innovations comme le célicouple, le mariage à durée déterminée, le lesbianisme politique…
Cette tendance exacerbe probablement tous les relents misogynes des masculinistes, incels (« involuntary celibate », un mouvement radical prônant la haine des femmes et contestant leurs droits jugés « excessifs ») patriarches de tous poils qui se demandent qui va repasser leurs chemises, les nourrir… et flatter leurs égos…
Comme l’a fort bien résumé le démographe espagnol Albert Estève: « les hommes cherchent des femmes qui n’existent plus et les femmes cherchent des hommes qui n’existent pas encore ». Dès lors, la solution à la pérennité des coupes hétérosexuels ne serait-elle pas de faire advenir « ces hommes qui n’existent pas encore », égalitaires, sociables, non-violents, attentifs…? Des démarches vont dans ce sens, comme « l’éducation à la vie sexuelle et affective » mais ce programme ne concerne que les moins de 20 ans. Il y a peut-être un chemin plus rapide pour tout homme un peu ouvert sur la question.
Giulia Foïs, autrice d’un livre « pas tous les hommes quand même », propose un exercice intéressant pour faire évoluer les consciences des hommes. Il s’agit de leur faire poser la question aux femmes qu’ils connaissent, leurs mères, leurs sœurs, leurs filles, leurs amies, si elles ont déjà été victimes de violences de genre. Et de constater que oui, une très grande majorité en ont été victimes… Et là, normalement, plutôt que de botter en touche sur le problème, (oh ben moi, je n’ai rien fait), ils prendront peut-être conscience que le problème est systémique et appelle à une réaction de tous pour une transformation sociale.
Pour la Cfdt, qui soutient l’égalité et l’émancipation des femmes depuis sa création, toutes les propositions, qui permettront de résoudre cette question plus rapidement et plus fondamentalement, sont intéressantes surtout si elles permettent le dialogue et la lucidité. A chacun d’avoir le courage d’essayer…
Les élus Cfdt
