NAO Michelin 2026 : les bénéfices pour les actionnaires, les sacrifices pour les salariés
Les organisations syndicales Michelin, Cfdt, CFE-CGC, FO et Sud, réunies en intersyndicale, dénoncent la politique salariale de l’entreprise. La grande majorité des salariés ne seront pas augmentés en 2026 alors que les actionnaires ont reçu plus de 3 milliards € en 2 ans. Michelin ne reconnait pas l’engagement des femmes et des hommes qui soutiennent et font vivre le Groupe. Les salariés de l’entreprise sont tout aussi importants que les actionnaires ! Les élus demandent une juste récompense des salariés, sans qui Michelin ne tiendrait plus debout. Les salariés ne sont pas des variables d’ajustement et méritent, eux aussi, leur part des bénéfices qu’ils ont contribué à générer.
En 2025, le Groupe Michelin a versé à ses actionnaires 1 649 000 000 € sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Cela représente 87% du résultat net 2024. Jamais le Groupe n’avait versé autant d’argent à ses actionnaires. En 2 ans, ce sont plus de 3 milliards € qui leur ont été versés.
Coté salariés, c’est la douche froide : 1294 salariés remerciés à Cholet ou Vannes, et plus de 16 000 autres mis à la diète, au motif de manque de compétitivité, alors même que les frais généraux de Michelin sont déjà parmi les plus bas. La quasi-totalité de nos sites industriel sont à 50% de leurs capacités de production et près de 400 salariés du tertiaire sont aujourd’hui sans poste.
Malgré de très bons résultats et une solidité financière que beaucoup envient, le Groupe pratique des salaires inférieurs au marché : la quasi-totalité des lettres collaborateurs et cadres ont des médianes marché inférieures au marché. Après des augmentations générales ou individuelles minimalistes en 2025, celles de 2026 ne vont pas aider :
Cadres 0%
Collaborateurs 0%
Agents 1%
L’employeur est resté hermétique à toute discussion sur les éléments périphériques de rémunération, après nous avoir expliqué des années durant qu’il fallait avoir une approche total cash. Pourtant, les salariés français (MFPM) ne sont pas ceux qui coûtent le plus cher en rapport du chiffre d’affaires généré : le coût est inférieur de 3 points par rapport au Groupe.
Les organisations syndicales dénoncent unanimement cet état de fait et s’insurgent vivement face à la différence de traitement entre salariés et les actionnaires. Après les 3 P, les salariés découvrent les 3 I :
- Ingratitude : gel de salaires pour 10 000 salariés
- Injustice: 87% des bénéfices versés aux actionnaires
- Indécence : des salaires 5% à 10% en dessous du marché, malgré un haut niveau de rentabilité
Il est temps pour le groupe de donner une autre dimension au dialogue social dont ses dirigeants se targuent.
