Partage de la valeur : les écarts se creusent…

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Chez Michelin comme dans la plupart des grands groupes français, la part distribuée aux salariés fond comme neige au soleil par rapport à celles des dirigeants et actionnaires.

Hausse de part de la valeur redistribuée aux actionnaires ? 9,9 pts

La part du revenu global des entreprises redistribué aux actionnaires est passée de 5,9 % en 1996 à 15,8 % en 2019 quand celle des salariés a baissé de presque 5 points (source Janus Henderson) . Les dividendes devraient même atteindre des records en 2022.

Hausse de part de la valeur redistribuée aux actionnaires ? 9,9 pts 

La part du revenu global des entreprises redistribué aux actionnaires est passée de 5,9 % en 1996 à 15,8 % en 2019 quand celle des salariés a baissé de presque 5 points (source Janus Henderson) . Les dividendes devraient même atteindre des records en 2022.

Augmentation du dividende Michelin ?  95,7%

 Michelin n’est pas une exception en la matière : la tendance à la hausse est continue depuis 1999 et le dividende 2021 (versé en 2022) a pratiquement doublé par rapport à l’année précédente.

(Sources : Avis_de_reunion_Assemblee_Generale_2022_Michelin/Communique_CA_T1-2022_Michelin/Communique_resultats_semestriels_2022_Michelin)

 

Augmentation moyenne des dirigeants ? 22% 

La rémunération totale moyenne des présidents exécutifs des 120 plus grandes sociétés cotées en France (SBF 120) atteint 4,5 M€, en hausse de 22% par rapport à 2019 (pré-crise sanitaire) ; c’est un record historique depuis 15 ans.   La rémunération du président de Michelin est bien moindre (1,9 M€ en 2021 dont 0,9 m€ de fixe ), mais sa part fixe est en hausse de 22 % en 2022 vs 2021.

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Augmentation moyenne des salariés ? 2,5% 

 

Michelin est à peine au-dessus de cette moyenne (Source  une étude du groupe Alixio) avec une augmentation de 2% à 5% selon les catégories de salariés

Les causes de cette tendance sont multiples :

– La pression des actionnaires s’intensifie sur les entreprises tous secteurs confondus.

– Le recul du poids des syndicats, la flexibilisation du marché, le recours croissant à la sous-traitance, l’individualisation de la politique salariale et la centralisation des décisions au niveau du groupe ne jouent pas en faveur d’un partage équitable de la valeur, notamment lors des négociations salariales.

Son impact politique et éthique, pas plus que ses conséquences sur le moral et l’engagement des salariés ne sont à négliger.

 

Pour la CFDT, il est plus que temps d’amorcer un rééquilibrage de la distribution de la valeur des entreprises. Nous invitons la direction de Michelin à engager une réflexion profonde sur la rémunération de ses salariés dans le contexte actuel qui conjugue une inflation importante à un sentiment d’injustice  entre l’engagement demandé et la baisse de reconnaissance du travail.

 

 

Sandrine Le Guilloux Déléguée Syndicale CFDT

Un Commentaire

  1. Il y a un travail a faire sur le salaire de base qui doit a minima nous assurer un pouvoir d’achat stable, ce qui n’est plus le cas. Dans un second temps les parts variable doivent être mieux réparties, si c’est un équivalent en mois de salaire, le chiffre doit être le même pour tous.
    Pas 6 mois de salaire pour certains et seulement 2 mois pour d’autres, comment ne pas parler d’injustice !

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