Indemnisation de l’Activité Partielle : La Cfdt entendue

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Inquiète de l’extension de l’activité partielle (AP) dans les usines Michelin en France, la Cfdt a saisi l’entreprise de la question du montant d’indemnisation des salariés ; celle-ci a répondu favorablement.

Depuis plusieurs semaines nous vous informions sur une forte baisse de l’activité sur les sites industriels français. De Cholet à Vannes, de Tours à Troyes les signaux de décroissance conjoncturelle de la demande s’accumulent et les réponses de la direction à nos interrogations confirment nos craintes : l’Activité Partielle est activée. Dans cette période économique délicate, avec un niveau d’inflation toujours élevé, la perte de salaire va impacter directement tous les salariés de ces sites, de l’agent au cadre.

La Cfdt se devait d’agir pour limiter les impacts. Nous comprenons que la rémunération puisse être différente entre activité et inactivité mais il nous semble aussi que Michelin doit assurer un minimum pour chacun en fonction de la baisse de son revenu.

Après avoir interpellé l’entreprise à tous les niveaux, des Chefs du Personnel des usines au Directeur du Personnel France et au delà, la Cfdt a été entendue et une règle de compensation va être appliquée pour tous les cas d’activité partielle. A partir de 10 jours d’AP en moyenne pour un site dans l’année (l’entreprise informera les élus des sites régulièrement sur le niveau atteint), les salariés du site auront un complément de rémunération qui passera de 60 % (valeur légale française) à 72 % du brut ce qui correspondra dans les faits à 84 % du net . Attention cela ne concerne que la rémunération de base, pas les primes. Ce complément s’appliquera sur tous les sites Français, sur l’année 2023, pour tous les jours d’AP, même sur jours déjà chômés avant l’atteinte du seuil des 10 jours.

  • Prenons l’exemple d’un salarié qui a fait 15 jours de chômage ; si son site passe au-dessus des 10 jours en moyenne, ce salarié se verra compléter ses 15 jours sur la base de 84 % du net ; idem pour chaque jour d’AP ultérieur.
  • Autre exemple, un salarié n’a fait que 5 jours mais son site est à plus de 10 jours en moyenne : il se verra compléter son salaire à 84 % pour ces 5 jours.

Même si la règle n’est pas parfaite, elle satisfait la Cfdt car elle donne aux salariés une visibilité sur leur rémunération lorsque de l’activité partielle est demandée dans leur site. Cela devrait leur permettre d’être un peu plus sereins.

Laurent Bador, Délégué syndical Central Cfdt Michelin

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