AddUp c’est fini, et dire que c’était l’emblème de notre première diversification

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A l’origine de l’aventure dans l’impression 3D métal initiée en 2013, puis développée en partenariat avec le groupe Fives à partir de 2016, Michelin jette l’éponge AddUp.

Michelin mettait de grands espoirs dans la technologie permettant la réalisation de lamelles complexes, qui ont contribué au succès de la gamme CrossClimate. Mais dès 2020, la Cfdt s’inquiétait du plan social d’AddUp qui à peine lancée, supprimait 63 postes sur 279….

Aujourd’hui Michelin jette l’éponge et cède ses parts à son partenaire Five qui va donc rester seul aux commandes.

Malgré une croissance rapide à coups de rachats de sociétés complémentaires dans le domaine de la production additive métallique, AddUP n’aura donc jamais apporté la plus-value attendue par le Groupe.

Quels enseignements tirer de cette expérience ?

Tout d’abord, ce n’est pas parce que on a une bonne idée que l’on a toutes les compétences techniques et les accessibilités commerciales pour assurer le succès d’un nouveau business.
Ensuite la gestion à 50/50 d’une société comme AddUp est surement assez complexe quand des décisions stratégiques doivent être prises.
Enfin, et ce n’est pas le moindre des aspects, il faut penser aux hommes et femmes embarquées dans ce type d’aventure. Il est indispensable que Michelin sécurise les salariés qui rejoignent, souvent à sa demande, de telles start-ups, issues de l’incubateur ou rachetées. Car malheureusement leur réussite n’est pas liée qu’au talent et à l’engagement des personnes.

Dans le cas d’AddUp, on ne peut que féliciter Michelin de la réintégration prévue des anciens salariés qui souhaitent revenir à la Manufacture.

Toutes les nouvelles aventures industrielles ne peuvent être couronnées de succès. Cela doit inciter Michelin à continuer à investir dans le pneumatique, son cœur de métier historique et son domaine d’expertise reconnue. L’entreprise doit aussi rétablir les clauses de retour dans les contrats des salariés quittant la MFPM pour participer au développement de nouveaux business. Juste au cas où la diversification ne se déroulerait pas totalement à l’allure et avec l’ampleur espérés... C’est vraiment important pour la confiance des 20 000 salariés du Groupe Michelin en France.

Laurent Bador, Délégué Syndical Central Cfdt Michelin

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